Sgen-CFDT Hautes-Pyrénées

Syndicat Général de l'Education Nationale

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SALAIRES : Les écarts 1er et 2° degré....

le 22 octobre 2012


- La réalité de nos salaires dans le 1er degré… pourquoi de telles disparités avec le 2nd degré, pourquoi de tels écarts entre collègues du 1er degré (homme / femme…) ? Une étude du Sgen-CFDT MP 46...

· Quelques chiffres à connaître sur nos salaires

Partons du constat suivant : un enseignant du primaire (PE), un enseignant du 2nd degré (un certifié, un PLP prof en lycée professionnel) et un CPE (conseiller principal d’éducation) sont tous sur la même grille indiciaire salariale…

 

Un enseignant qui débute dans le métier touche actuellement environ 1595 € nets.

- Un enseignant qui arrive au 11ème et dernier échelon (classe normale) touche environ 2433 € nets (en dehors de toutes les primes, ISS, NBI…).

- Un enseignant qui arrive au dernier échelon (7ème) de la Hors Classe touche environ 2895 € nets.

Ces salaires tiennent compte de la cotisation mensuelle MGEN.

 

Depuis la disparition des échelons 1 et 2 (réforme de la masterisation), le salaire net d’un enseignant (sans enfant et sans aucune NBI) sur toute une carrière augmente de 900 €.

 

Si on compare le salaire moyen entre un enseignant du 1er degré et celui d’un collègue du 2nd degré, la différence peut atteindre 350 euros !! Cette différence très importante s’explique non seulement par le « travailler plus pour gagner plus » mais aussi par le système des primes…

 

 

 

·  Les primes, la hors classe : quels impacts sur notre feuille de paie ?

Dans le 1er degré, les primes existent… la BI+NBI+ISS pour la direction d’école, NBI pour quelques fonctions particulières (FLE, RRS, ASH, CPC, PEMF…), HSA, et maintenant HSE dans les ULIS et ISSR (pour les collègues remplaçants BD) ; depuis quelques années, les primes pour les évaluations nationales CE1 et CM2 (400 € bruts) ont vu le jour (mais elles devraient disparaitre cette année ?). Il est aussi possible d’augmenter son salaire avec les stages RAN. Sur l’ensemble des enseignants du 1er degré, ces différentes primes ne « pèsent » que 5% du salaire moyen…

La principale différence avec les enseignants du 2nd degré est l’ISOE (Indemnité de Suivi et d’Orientation des Elèves) ; cette indemnité est composée d’une part fixe de 100 euros (versée à tous les enseignants du secondaire) ainsi qu’une part variable (pour les profs principaux) allant de 75 € à 117 €.

 

La différence de nos salaires trouve également des explications dans les heures supplémentaires ainsi qu’à l’accès à la Hors Classe, appelée avec humour « Or Classe » par les enseignants du 1er degré.

Commençons nos explications concernant cette « Or Classe »… Une nouvelle fois, les enseignants du 1er degré ne sont pas égaux avec nos collègues du 2nd degré (les certifiés qui sont pourtant sur la même grille salariale que nous). En effet, le ratio de passage à la Hors Classe (HC) est de moins de 2% pour les PE et de 7% pour les certifiés.

Au final, dans le 1er degré, un collègue sur 5 (entre 21 et 25% selon les années) atteindra la hors classe alors qu’il y en aura presque 3 sur 4 dans le 2nd degré (70-75%). En moyenne, un enseignant du 1er degré part au 10ème échelon (à prendre en compte les anciens instituteurs intégrés après coup dans le corps des PE).

Si nous poussons un peu plus loin le détail de ce dossier sensible, 4% des collègues qui partent à la retraite au dernier échelon de la hors classe sont des PE alors qu’ils sont 50% dans le 2nd degré…

 

· Les heures supplémentaires… véritable levier pour l’augmentation de nos salaires ?

Le débat sur l’utilisation des montants des heures supplémentaires pour payer des enseignants (en quête d’une meilleure rémunération) à la place de possibles embauches d’enseignants supplémentaires fait rage depuis des années…

Pour les 1er et 2nd degrés confondus, ce sont près de 6,4 millions d’heures supplémentaires distribuées et effectuées par les enseignants. Mais seulement 5% de ces heures sont faites dans le 1er degré…

Depuis 2008, les enseignants du 2nd degré qui assurent l’intégralité de leur service faisant au minimum 3 HSA (heures sup’ effectuées tout au long de l’année) perçoivent une prime annuelle fixée par arrêté de 500 €.

 

De plus, une heure supplémentaire n’est pas payée au même taux si on travaille dans une école ou dans un établissement du 2nd degré… Une heure sup’ dans le 1er degré est rémunérée 24,3 € alors qu’elle est de 37,4 € dans le 2nd degré… Pour un travail équivalent, les différences perdurent…

 

 

· Des différences énormes entre les collègues d’une même promo (salaire homme/femme, différence suite aux différentes promotions)

Les enseignants n’avancent pas tous au même rythme… certes ! Cette information n’est pas un scoop mais les conséquences sont toutefois à prendre en considération !

Prenons 2 collègues d’une même promo de PE. Leur début de carrière sera identique jusqu’au 4ème échelon… puis, au passage du 5ème échelon, 30% d’une promo passera au grand choix au bout de 2 ans et 70% passeront au bout de 2 ans et 6 mois (soit une différence de salaire de 82 euros x 6 mois = 492 euros). Si nous effectuons ce même calcul (l’un des 2 collègues passant toujours au grand choix l’autre à l’ancienneté), le manque à gagner sur une carrière de 40 années s’élèverait à 67 000 € !!!

 

Voici un bref comparatif pour ces 2 mêmes collègues…

Au bout de 5 ans, la différence de salaire peut être au total de 492 € - l’un à 1736 € / l’autre aussi à 1736 € (l’un au 6ème échelon depuis 1 an / l’autre au 6ème échelon depuis 6 mois)

Au bout de 10 ans, la différence de salaire peut être au total de 6396 € - l’un à 1974 € / l’autre à 1840 € (l’un au 8ème échelon depuis 1 an / l’autre au 7ème échelon depuis 2 ans – au 8ème échelon dans 1,5 an – soit 2,5 années de retard)

Au bout de 19 ans, la différence de salaire peut être de 6396 € - l’un à 2446 € / l’autre à 2108 € (l’un au 11ème échelon depuis quelques mois / l’autre au 9ème échelon depuis 6 mois soit 10 années pour atteindre le 11ème échelon)

Au bout de 30 ans, les salaires des 2 collègues sont pour l’un de 2900 € et pour l’autre de 2446 €

Au bout de 40 ans, la différence de salaire peut être de 67000 €…

 

Attention : ce calcul est poussé « à l’extrême » car il est impossible qu’un collègue passe toute sa carrière au grand choix et un autre à l’ancienneté. Mais les différences entre collègues sont toutefois fortes en fin de carrière quand on sait que « manquer » une promotion amène une différence de salaire de plus de 5 000€ (30 mois avec une différence de 170 €)

 

Homme/Femme : une nouvelle preuve d’iniquité de traitement !

Le calcul suivant est établi selon la moyenne nationale… nous n’avons pas pris les chiffres départementaux.

Le salaire moyen d’un homme ayant environ 15 ans d’ancienneté est d’environ 2000 € nets (avec primes) alors que le salaire d’une femme ayant la même ancienneté est inférieur de près de 100 €.

Cette différence de salaire s’explique par le fait qu’une plus grande proportion d’hommes occupe des postes qui ouvrent droit à une NBI (CPC, direction d’école…).

 

CONCLUSION : le Sgen-CFDT revendique

Le recrutement actuel à bac + 5, la mise à niveau des salaires des enseignants français avec ceux des autres pays, l’égalité de traitement des professeurs des écoles avec les professeurs du second degré sont autant d’éléments qui nécessitent une revalorisation des salaires des PE. Cette revalorisation doit accompagner une redéfinition des obligations de service et devra prendre en compte l’ensemble des tâches du métier enseignant.

À terme, cette revalorisation doit permettre :

• une progression indiciaire de l’ensemble des personnels, tout au long de la carrière avec un rythme unique d’avancement identique pour tous, avec un seul grade et l’intégration des échelons de la hors classe dans cette grille.

• un déroulement de carrière qui amène chaque collègue à terminer au minimum à l’indice actuel de fin de la hors classe.

En attendant, et de façon plus urgente, deux mesures permettraient une mise à niveau des PE par rapport aux professeurs certifiés :

· le versement, aux enseignants du premier degré, d’une indemnité équivalente à l’ISOE actuellement versée uniquement aux professeurs du second degré.

·  pour l’accès à la hors classe des professeurs d’école,l’ augmentation significative du taux actuel de 2% du rapport des promus/promouvables, pour atteindre celui du second degré .