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RASED : Conférence de presse des personnels

le 6 février 2012


L’article de la Dépêche du 6 février "On sacrifie les élèves"
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Article de La Dépêche du 6 février

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"On sacrifie des élèves"

 

Les enseignants des Rased tiennent à montrer qu'ils sont essentiels à l'acte d'enseignement. Et ils invitent le plus grand nombre à inonder le président de la République de cartes postales. /Photo Joël Boyé.
Les enseignants des Rased tiennent à montrer qu'ils sont essentiels à l'acte d'enseignement. Et ils invitent le plus grand nombre à inonder le président de la République de cartes postales. /Photo Joël Boyé.
Les enseignants des Rased tiennent à montrer qu’ils sont essentiels à l’acte d’enseignement. Et ils invitent le plus grand nombre à inonder le président de la République de cartes postales. /Photo Joël Boyé.

Les syndicats ont coutume de dire que les Rased (Réseaux d’aide spécialisés d’éducation) ne mobilisent guère les banderoles quand il y a des suppressions.

« C’est moins perceptible qu’un poste d’instituteur, qui est synonyme de fermeture de classe, souligne un responsable syndical. Et pourtant, ces maîtres sont essentiels dans l’éducation des enfants, surtout les plus fragiles. Mais ils ne sont efficaces que s’ils sont complets, c’est-à-dire composés de 3 enseignants spécialisés, un maître à dominante pédagogique, un autre à dominante rééducative et un psychologue scolaire. Ce sont les textes de loi à l’origine de leur création qui le disent et sur le terrain, on a pu constater que c’était pertinent, parce que les difficultés sont multiformes. »

Cet enseignant expérimenté de Rased acquiesce : « Être trois permet d’avoir un regard croisé, d’échanger aussi avec l’instituteur et d’aller plus vite dans la résolution des problèmes, parce que nous sommes complémentaires. Or, depuis 2009, on assiste à un plan programmé d’élimination des Rased, qui perdent chaque année 30 % de leurs effectifs. Dans le département, nous avions, en 2007, 47 personnels, pour 17 Rased, nous sommes aujourd’hui 34 et à la rentrée prochaine 26, soit quasiment la moitié des effectifs initiaux. Et il ne restera que 13 Rased, dont 4 avec un seul maître, c’est-à-dire incomplets… ».

Bombe à retardement…

Bref, pour les enseignants et les syndicats, c’est purement et simplement la mort du petit cheval. Et celle d’une certaine idée de l’école. « Un Rased, c’est considéré comme non productif, donc inutile. Au contraire, avec l’augmentation du nombre d’élèves par classe consécutif à la fermeture incessante de classes, ils sont de plus en plus utiles. Sans parler de l’aide qu’ils peuvent apporter aux nouveaux enseignants, souvent désemparés car ils ne reçoivent plus de formation initiale. Maintenant, les Rased ne sont pas décimés mais avec un seul maître, on ne pourra plus gérer que les urgences, et encore… Mais c’est une bombe à retardement parce que les difficultés ne vont pas s’estomper comme ça et les inégalités vont se creuser entre ceux qui réussissent et ceux qui rencontrent des problèmes, entre ceux dont les parents auront les moyens de se tourner vers des structures privées, même si la réponse ne sera pas forcément adaptée, et les autres. Un fossé qui va s’agrandir aussi en milieu rural, où les besoins sont énormes et où les Rased sont particulièrement touchés. »

Voilà pourquoi ils se mobilisent et lancent une vaste opération de sensibilisation auprès des parents mais aussi des pouvoirs publics, sous la forme d’une carte postale à adresser au président de la République. Pour que cesse ce qu’ils qualifient de « massacre ». Christian Vignes