Sgen-CFDT Hautes-Pyrénées

Syndicat Général de l'Education Nationale

Sgen-CFDT Hautes-Pyrénées

Eth sindicat de nosta








EVALUATIONS DES ELEVES DE MATERNELLE GS...

le 12 octobre 2011


Ces évaluations ont fait la Une de l’actualité .. les réactions syndicales et d’autres partenaires de l’Ecole ne se sont pas fait attendre... Vous nous avez demandé d’en dire plus sur le contenu de ces évaluations afin d’avoir toutes les clefs de lecture pour comprendre et juger. our le Sgen-CFDT, ce projet est à la fois absurde, contre-productif, et pour tout dire un peu effrayant....
- le résumé
- le lien vers le site du ministère
- notre analyse

 


 
Evaluations des élèves de Grande Section : connaître pour comprendre
 
Voici un rapide résumé puis notre analyse syndicale
- le document ministériel est à télécharger sur notre site à cette adresse : http://sgenmidipy.free.fr/article.php3?id_article=1303.

Le Ministère de l’Education Nationale souhaite mettre en place une évaluation des élèves de Grande Section, s’appuyant sur les travaux du laboratoire Cogni-Sciences de l’Université de Grenoble.

Ces évaluations se dérouleraient en 3 phases :
- 1. De novembre à décembre : évaluation via l’enseignant de la classe du comportement à l’école, du langage, de la motricité, de la conscience phonologique de chaque élève.
- 2. A partir de janvier : entraînement progressif via l’enseignant sur le temps de l’aide personnalisée (tous les jours pendant 30 minutes - en petit groupe) uniquement en direction des élèves repérés au moment de la 1ère étape.
- 3. Fin d’année de grande section : passation de 2 épreuves individuelles et de 3 séries d’épreuves collectives (petit groupe à chaque fois). Les épreuves consistent à évaluer les compétences suivantes : compréhension des consignes, compréhension du texte lu, maîtrise du vocabulaire, reconnaissance des lettres, connaissance des nombres sans oublier le « devenir élève ».
A la fin de l’année scolaire, les résultats devraient permettre de mesurer les progrès notables sur l’année afin « de repérer les besoins de chaque élève en prévision de l’arrivée au cours préparatoire ».

Analyse du Sgen-CFDT

Alors qu’un rapport particulièrement sévère du Haut Conseil de l’Éducation rendu public il y a moins d’un mois dresse un bilan accablant de l’ensemble des dispositifs d’évaluation des élèves français, le ministère de l’Éducation nationale présente ces jours-ci aux inspecteurs sa dernière trouvaille : une évaluation de tous les élèves de grande section de maternelle, qui s’étalerait de novembre à juin, entre la phase de « repérage  », celle d’ « entraînement progressif  » des « enfants repérés à risque », et celle du « bilan » en fin d’année scolaire.
L’ensemble des caractéristiques et compétences des élèves serait pris en compte, aussi bien dans le domaine de la maîtrise de la langue, que dans celui des capacités motrices, mais aussi dans celui du comportement, du « contrôle des émotions  », de l’aptitude à gérer les désaccords et les conflits, etc.
Pour le Sgen-CFDT, ce projet est à la fois absurde, contre-productif, et pour tout dire un peu effrayant.
Jusqu’au vocabulaire choisi, le ministère s’apprêterait à enfermer tous les petits français de 5/6 ans dans des catégories dont tous les adultes de bon sens savent qu’elles ne peuvent avoir que des effets ravageurs sur la motivation et la capacité de grandir et d’apprendre. « À risque  » ou « à haut risque  » pour les plus malchanceux, les enfants sans problème deviendraient dans la nouvelle nomenclature … « RAS  » ! On croit rêver. On espère surtout que le projet n’aboutira pas : le rêve virerait au cauchemar.
 
Combien de temps encore ce ministère s’obstinera-t-il à ne tenir aucun compte ni des observations de la quasi-totalité des enseignants concernant le danger de ce type d’évaluations, ni de l’expertise des spécialistes dont tous les rapports vont dans le même sens, ni des études comparatives internationales, qui devraient au contraire inciter nos décideurs à faire évoluer l’école vers une véritable prise en charge collective des élèves les plus fragiles ?
S’il faut transformer les modalités d’évaluation des élèves, ce n’est certainement pas en accentuant leur fonction de classement, ou en imposant autoritairement aux personnels des dispositifs à la conception desquels ils n’ont pas été associés.
 
Le Sgen-CFDT demande l’abandon immédiat de ce projet.
La réduction des inégalités à l’école, condition nécessaire à l’augmentation des chances de réussite de tous, passe non par le mépris mais par le respect des élèves et des enseignants.