Sgen-CFDT Hautes-Pyrénées

Syndicat Général de l'Education Nationale

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Le projet retraite en 12 questions

le 21 juin 2010


12 questions, 12 réponses et un appel à la grève et à la manifestation....

Retraite : la réforme en 12 questions


1/ Pourra-t-on toujours partir à 60 ans si on le souhaite ? NON 
A moins de bénéficier du dispositif de départ anticipé pour carrières longues, il ne sera plus possible de toucher une pension de retraite avant 62 ans (relèvement progressif, chaque année 4 mois de plus jusqu’en 2012).
Les fonctionnaires en - service actif - qui pouvaient partir à 55 ans subiront un relèvement parallèle de l’âge légal jusqu’en 2012 pour un âge de départ minimum de 57 ans. 

2/ La durée de cotisation va-t-elle augmenter ? OUI 
La durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une pension sans décote va passer à 41 ans en 2012, 41 ans et un trimestre en 2013 et 41 ans et deux trimestres en 2020. 

3/ Quels changements pour la décote et la surcote ? AUCUN mais...
... la modification des bornes de 60 ans et 65 ans va cependant changer le moment de leur déclenchement. Il faudra désormais attendre 67 ans pour voir tomber toutes les décotes (62 ans pour les fonctionnaires en service actif).

4/ Le niveau des pensions va-t-il baisser ? NON mais...
La réforme n’aura pas d’impact mécanique sur le niveau des pensions.
Le gouvernement affirme même que les pensions augmenteront avec le relèvement de l’âge légal, les salariés étant « forcés » de travailler et de cotiser plus longtemps. En réalité, pour les seniors éloignés de l’emploi, la pension baissera puisque la carrière prise en compte sera plus dégradée. 

5/ La retraite des fonctionnaires continuera-t-elle à être calculée sur la base des 6 derniers mois d’activité ? OUI

6/ Les femmes seront-elles pénalisées ? Oui !
Certaines mesures risquent de peser plus sur les femmes que sur les hommes. C’est le cas du relèvement de la deuxième borne d’âge, celle du taux plein, aujourd’hui fixée à 65 ans. Il augmentera en parallèle de l’âge d’ouverture des droits, jusqu’à 67 ans. Les femmes, comme tous les assurés qui auront eu des carrières incomplètes, seront proportionnellement plus concernées par cette seconde borne. Celles qui ne pourront pas atteindre la durée de cotisation requise devront attendre 67 ans pour partir avec une pension sans décote.

Dans la fonction publique : fermeture du dispositif de départ anticipé sans condition d’âge pour les pères et mères de 3 enfants ayant 15 ans de service à compter de 2012. La possibilité de partir au bout de 15 ans pour les parents ayant déjà 3 enfants en 2012 sera préservée, mais avec une règle de calcul plus pénalisante qu’avant.

7/ Les salariés qui ont commencé à travailler jeunes travailleront-ils plus longtemps ? OUI 
Une majorité des assurés partant à 60 ans aujourd’hui a déjà cotisé plus que le minimum exigé (40,5 ans en 2010). Il s’agit, pour quelques années encore, de la génération du baby-boom, qui a terminé ses études tôt. Pour tous ces salariés, la réforme aura un impact immédiat : ils seront obligés de travailler plus longtemps, jusqu’au nouvel âge légal, avant de pouvoir liquider leurs droits. 

8/ Les cadres seront-ils moins touchés que les ouvriers ? OUI 
En droit, les mêmes règles s’appliqueront à toutes les catégories sociales. Cependant, certains profils de carrière seront plus concernés que d’autres. Les salariés qui ont commencé à travailler tard seront moins affectés que les autres, car la durée de cotisation nécessaire les amène dès aujourd’hui à travailler jusqu’à 61, 62 ans ou plus. C’est le cas de certains cadres, mais aussi d’ouvriers et d’employés qui ont eu des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Le relèvement de la borne des 65 ans va toucher bon nombre de cadres.

9/ Les hauts revenus seront-ils taxés ? OUI pour le principe...
Relèvement de 1 % seulement de la tranche supérieure d’imposition sur le revenu. Un effort bien modeste comparé aux mesures qui touchent l’ensemble des salariés.
 
L’augmentation d’1 point des prélèvements sur les plus-values de cessions mobilières, et immobilières, le prélèvement forfaitaire libératoire sur les dividendes et les intérêts et l’augmentation des prélèvements sur les stock-options et les retraites chapeau sont avant tout des mesures cosmétiques et un affichage.

10/ La pénibilité sera-t-elle prise en compte ? Oui mais... en cas d’incapacité physique supérieure ou égale à 20 % seulement !
Il faudra être déjà usé physiquement, et qu’un examen médical en atteste, pour pouvoir bénéficier d’un départ en retraite anticipé. Le gouvernement privilégie en effet une logique individuelle, au cas par cas, plutôt que la définition de critères de pénibilité (port de charges lourdes, exposition à des produits toxiques, travail de nuit…) donnant droit à des « bonus ». 

11/ Les cotisations retraites vont-elles augmenter ?  OUI, pour les fonctionnaires
Alignement du taux de cotisation du public sur celui du privé (passage de 7,85 à 10,55 %), étalé sur 10 ans soit une augmentation de 0.27 % par an pendant 10 ans. Le gouvernement juge cette mesure "indolore". C’est pourtant une sorte de double peine en matière de pouvoir d’achat pour les fonctionnaires. Non seulement leurs salaires n’augmentent plus mais on va leur prélever des cotisations supplémentaires...

12/ Le Fonds de réserve des retraites sera-t-il utilisé ? OUI
Créé par le gouvernement Jospin en 1999 et alimenté par un prélèvement social de 2 % sur les revenus du patrimoine et de placement, il compte 34,5 milliards d’euros.
Il avait été créé pour que le poids des départs en retraite des baby-boomers soit moins lourd à porter pour les générations nées dans les années 1960 et 1970. Le gouvernement va puiser prématurément dans cette réserve.

 
Si les réponses apportées par le gouvernement à ces questions ne vous conviennent pas, manifestez votre mécontentement en faisant grève et surtout en venant à la manifestation 10 h bourse du travail de Tarbes jeudi 24 juin.