Sgen-CFDT Hautes-Pyrénées

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Corps des Psychologues de l’Education Nationale : erreur et mystification

le 19 décembre 2014


Compte-rendu du Chantier métiers, GT 14 : création d’un corps unique de psychologue de l’éducation nationale, suivi de la déclaration liminaire du Sgen-CFDT.

 

PUBLIÉ LE 18/12/2014 À 15H08par Adrien Ettwiller

Le 18 décembre, s’est tenu la troisième séance du GT 14 qui porte sur la création d’un corps de psychologue de l’éducation nationale regroupant les actuels COP et PE psychologues scolaires. Les deux premières séances de travail ont porté sur les principes de recrutement et de formation du futur corps. Cette troisième réunion portait sur des questions plus statutaires :

  •  architecture du corps ;
  •  modalités d’intégration ;
  •  carrière.


ARCHITECTURE DU CORPS

Comme il l’avait fait lors des premières réunions, le Sgen-CFDT a rappelé sa position sur ce nouveau corps dont il n’était pas demandeur. L’option choisie par le ministère avec l’appui de l’Unsa et de la FSU (SnuIPP et Snes) de supprimer le corps des COP pour permettre aux psychologues scolaires d’avoir un corps d’accueil n’est pas une réponse adaptée à la reconnaissance de l’identité professionnelle de ces deux métiers.

Elle l’est d’autant moins que nous avons du mal à voir en quoi cette création apportera un bénéfice pour les personnels aussi bien du 1er degré que du 2nd degré.

RECRUTEMENT

Sur le recrutement, alors que tous les autres personnels d’enseignement et d’éducation seront recrutés en fin de M1, les psychologues de l’éducation nationale le seront à la fin du M2. Ils y perdront une année de salaire pour les actuels PE et deux pour les actuels COP. Le MEN est prêt à envisager, pour prendre en compte le recrutement avec un M2, un classement au 3ème échelon pour l’année de stage. C’est ce qui avait été mis en place lors de la masterisation en 2010 pour les enseignants.

Le concours sera national et comportera deux valences : « Éducation, développement et apprentissages » et « Éducation, développement et conseil en orientation scolaire et professionnelle ». Plusieurs voies d’accès sont prévues : un concours externe, un concours interne, un troisième concours et une liste d’aptitude. Les contenus de formation, les maquettes de concours feront l’objet d’un travail spécifique une fois que le schéma du nouveau corps aura été adopté.

Pour le Sgen-CFDT, l’accès à la titularisation par différentes voies est une reconnaissance des parcours professionnels. Certains psychologues scolaires sont, ainsi, devenus PE par le 3èmeconcours. Ce n’est pas la philosophie de la FSU qui estime que seule la possession d’un master dédié doit donner l’accès aux fonctions du corps de psychologue de l’éducation nationale.

Si, pour les actuels COP, l’intégration dans le nouveau corps sera obligatoire puisque leur corps n’existera plus, la situation est différente pour les psychologues scolaires. Les personnels du 1erdegré pourront demander leur intégration dans le nouveau corps ou bien rester PE ou instituteur avec un détachement dans le nouveau corps. S’ils choisissent l’intégration par liste d’aptitude, ils devraient accomplir un stage probatoire préalable à leur titularisation dans le corps. Par cette disposition, le ministère nie la professionnalité de ces personnels. Cela rappelle aussi la longue période de l’intégration des instituteurs dans le corps des PE.

CARRIÈRE

Sur l’évaluation des personnels, le ministère souhaitait modifier les règles pour les COP. Lors des différents GT métiers pour les personnels d’éducation et d’enseignement, le Sgen-CFDT a demandé un groupe de travail sur cette question. Le ministère a annoncé qu’il y aura bien un groupe de travail sur l’évaluation des personnels. Pour le Sgen-CFDT, il serait donc contradictoire de vouloir modifier les règles actuelles d’évaluation des actuels COP et psychologues scolaires sans connaître le futur cadre général. Le ministère en a convenu.

Le ministère reconnaît également l’importance de distinguer l’accès à la hors-classe des psychologues de l’éducation nationale de l’accès aux fonctions de directeurs de CIO. Pour le Sgen-CFDT, c’est la seule avancée avec ce nouveau corps. En effet, actuellement, le taux d’accès est de 2,5 % pour les COP, de 4,5 % pour les PE. Le Sgen-CFDT rappelle sa revendication d’un taux d’accès à la hors-classe à 7 % comme pour les certifiés et d’un calendrier pour l’alignement de ce taux d’accès.

Pour les DCIO, la revalorisation promise pour prendre en compte l’alourdissement, la diversification et la complexification de leurs missions se limiterait à une NBI et des indemnités. Le Sgen-CFDT a demandé comme il l’avait fait pour d’autres catégories la création d’un Graf (Grade d’accès fonctionnel).

Le ministère affirme que cela n’est pas possible du fait que l’ensemble des personnels du corps ne pourrait avoir accès à la fonction, ce qui sous-entend, comme l’a demandé le Snes, que les actuels psychologues scolaires n’auraient pas le droit de devenir DCIO sans passer par la case « COP ». Pour le Sgen-CFDT, cette affirmation restreindrait de fait les possibilités de mobilité des actuels personnels du 1er degré.

Quoiqu’il en soit, la question de la revalorisation de la fonction de DCIO ne peut-être déconnectée de la question des missions et du statut juridique des CIO.

MOBILITÉ GÉOGRAPHIQUE

Sur la mobilité géographique, les futurs psychologues de l’Éducation nationale seront gérés au niveau académique ce qui modifie les choses pour les psychologues scolaires qui appartiennent à un corps à gestion départementale. Le Sgen-CFDT a pointé les conséquences sur la mobilité des psychologues scolaires qui opteraient pour le détachement. En continuant à appartenir à un corps du 1er degré, ils pourraient obtenir une mutation inter-départementale en tant que PE ou instituteur mais n’avoir aucune garantie sur le fait de pouvoir retrouver un poste de psychologue scolaire dans leur nouveau département. Le ministère va étudier la question.

L’appellation du futur corps fait disparaître, pour les COP, le conseil en orientation. Les craintes des collègues sur leur identité professionnelle sont minorées par le ministère qui estime qu’il faut distinguer la coutume et les usages des textes réglementaires. L’appellation du corps sera donc bien psychologue de l’Éducation nationale. C’est sous cette appellation que les personnels seront désignés dans les documents officiels (CAPN, décrets, circulaires, etc.). Nous avons été les seuls à poser cette problématique.

Pour le Sgen-CFDT, il y a une réflexion plus profonde à avoir sur l’image des professionnels qui est donnée. Avant de vouloir juxtaposer deux métiers, il aurait sans doute mieux valu travailler sur la construction d’une culture partagée ce qui aurait nécessité de se situer dans une logique d’éducation et d’orientation tout au long de la vie à laquelle ni l’Unsa, ni la FSU ne sont favorables, au contraire de la CFDT.


Ci-dessous la déclaration liminaire du Sgen-CFDT.

Le GT de ce jour concerne la création d’un corps unique de psychologue de l’éducation nationale. Le Sgen-CFDT rappelle qu’il n’a pas été demandeur de cette évolution statutaire.

LA CONCEPTION DU MÉTIER DÉFENDUE PAR LE SGEN-CFDT TROUVE UN LARGE ÉCHO DANS NOTRE PROFESSION

La forte progression du Sgen-CFDT à la CAPN des COP/DCIO, de + 5,3% par rapport à 2011 montre que la conception du métier défendue par le Sgen-CFDT trouve un large écho dans notre profession.

Les fiches proposées qui décrivent l’architecture statutaire envisagée soulèvent de nombreuses interrogations :

DE NOMBREUSES INTERROGATIONS

- Quelles seront les obligations de service des personnels du nouveau corps ?

- Quelles seront les indemnités auxquelles pourront prétendre les psychologues de l’éducation au regard de la situation actuelle ?

- Les psychologues de l’éducation nationale issus du premier degré se verront-ils appliquer les règles de mutation du second degré ?

- Dans ce cas, quelles seront leurs possibilités de mutation inter-académiques ?

- Si la possibilité d’accès à la hors-classe peut apparaître comme un gain dans cette création de corps, celle-ci ne sera en réalité qu’un miroir aux alouettes puisque les possibilités de promotions seront accaparées par les DCIO et les PE déjà à la hors classe.

- Qu’en est-il des engagements du ministère à revoir le statut des DCIO afin de prendre en compte l’évolution et l’alourdissement des missions ?

- Qu’en sera-t-il de l’équilibre entre le versant diagnostic et le versant conseil en orientation du métier ?

LE NIVEAU BAC +6 N’EXISTE PAS DANS LES NIVEAUX DE CERTIFICATION

Le schéma de formation proposé et validé par le ministère ne nous convient pas. Nous maintenons que le niveau bac +6 n’existe pas dans les niveaux de certification. Nos collègues perdant au passage un ou deux ans de salaires selon les cas.

Nous considérons qu’en l’état actuel du projet, ce corps unique, qui ne fait que juxtaposer deux métiers différents, va être l’occasion d’une dégradation statutaire pour les uns et d’une dénaturation de leur métier pour les autres ! Les personnels ne sortiraient pas gagnants de l’opération !

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur le bénéfice qu’apportera cette nouvelle architecture statutaire au service public d’éducation.

Enfin, nous réaffirmons et regrettons que cette démarche conduise à réduire les possibilités de mobilité professionnelle pour les professeurs des écoles.

Le Sgen-CFDT a adressé hier un courrier à Mme le Ministre au sujet de la carte des CIO sur lequel les personnels attendent des réponses.