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FUSION MIDI-PYRENEES/LANGUEDOC ROUSSILLON : l’UD-CFDT explique sa position...

le 30 juillet 2014


- La commission économique de l’Union Départementale CFDT 65 fait le point sur le projet de fusion de la région Midi-Pyrénées avec Languedoc Roussillon dans le bulletin PYRENEES SYNDICAL de juin 2014...
- L’article de la Dépêche sur le sujet suite à notre conférence de presse.


 L’article du bulletin de l’UD CFDT 65 "Pyrénées Syndical" faisant le point sur le sujet.

Pyrénées Syndical : Le gouvernement vient de présenter son projet de nouvelle carte des régions. Midi-Pyrénées se voit associée à la région Languedoc Roussillon. Premières réactions…

 

Commission économique : Cette carte du gouvernement est sortie du chapeau sans aucun débat citoyen ni institutionnel interrégional (CESER). Aucune raison argumentant cette fusion n’a été avancée…

 
 

P.S. : D’autres configurations étaient-elles possibles ?

 

  Depuis 1998, le département des Hautes-Pyrénées ressentait des difficultés de par son positionnement à l’extrémité Sud-Ouest de la région. Le Président du CESER avait alors cru nécessaire d’organiser à la Préfecture de Tarbes une réunion pour s’assurer de la « sérénité d’appartenance » des mandatés hauts-pyrénéens au sein de son institution. Déjà, en effet, les mouvements quotidiens de salariés et les flux économiques entre 65 et 64 étaient très importants. Dans ce droit fil, depuis deux décennies, la CFDT 65 milite pour un rapprochement voire une fusion entre Midi-Pyrénées et Aquitaine. C’est cette configuration que nous continuons à défendre.

 

 

  P.S. : Qu’ont en commun ces deux régions MP et Aquitaine ?

 

Ce territoire, le « Sud-Ouest » possède une unité géographique indéniable, entre Océan, Massif Central et Pyrénées, drainée par deux bassins fluviaux, avec une répartition évidente de ses 6 millions d’habitants…

 

  Le climat de ces deux régions est sous influence océanique ce qui se traduit par de grandes similitudes dans les productions agricoles. Cela a naturellement débouché sur la marque Sud-Ouest France, porteuse d’une image de qualité.

 

  Au niveau économique, les positionnements dans le domaine de l’aéronautique, par exemple, sont tout aussi manifestes avec un pôle de compétitivité englobant Bordeaux–Toulouse et aussi ...le Piémont pyrénéen.

 

  Sur le chapitre consommation et production d’énergie électrique, pour ERDF, cette unité est tellement évidente qu’elle l’a déjà mise en œuvre dans les faits et dans la gestion, en regroupant Midi-Pyrénées et Aquitaine.

 

  On ne peut nier non plus l’unité culturelle et linguistique qui unit les populations du bassin aquitain.

 

 

P.S. : Et pour les infrastructures ?

 

  Un examen de la cartographie renforce notre analyse. Que ce soit pour les routes, chemins de fer ou autoroutes, un grand triangle est dessiné ; Bordeaux-Toulouse-Bayonne. Il reprend exactement la configuration de la région que souhaitent les forces vives socio économiques de notre département.

 


P.S. : Quelle est la particularité du 65 dans ce Sud-Ouest ?

 

Depuis longtemps, l’INSEE montre les interrelations entre le 65 et le 64 pour les migrations journalières domicile/travail. Tarbes et Pau ne sont qu’à 37 km. La DATAR, dans ses analyses, ne met pas le 65 dans le périmètre du pôle métropolitain de Toulouse ; et dans ses projections, prévoit une accentuation des relations de tous ordres entre 64 et 65 et sud des Landes.

 

  Plusieurs entités ont depuis des décennies intégré ces réalités : Pôle Emploi a une structure englobant les deux départements. Le Crédit Agricole a regroupé 64/65/32 et 40. Pour la Poste, les services sont en voie de regroupement 64/65… Pour le judiciaire, Tarbes est du ressort de la Cour d’Appel de Pau.

 

  Dans l’agriculture, qu’il s’agisse du maïs ou des productions animales, la similitude des productions se retrouve dans l’organisation des grands groupes agro-alimentaires : Euralis, Maïsadour et Lur-berri. Concernant la production industrielle, il n’est pas innocent que l’UIMM (patronat de la métallurgie) du 65 refuse son affiliation au pôle toulousain pour privilégier le travail avec le 64 et le sud des Landes avec, par exemple, la création d’un centre de formation pour tous les Pays de l’Adour situé à Tarbes.

 

 
P.S. : Et au niveau de l’enseignement supérieur ?

 

  Le pôle Universitaire de Tarbes recrute aussi bien en Aquitaine qu’en Midi-Pyrénées. L’Université de Pau et des Pays de l’Adour a fait le choix d’essaimer dès 1999 à Tarbes avec la création du STAPS. La formation des maîtres bilingues OC gascon se fait à Tarbes pour les deux régions.

 

  P.S. : Quel avenir pour le département dans une région Midi-Pyrénées-Languedoc ?

 

  Pour nous, cette fusion va à l’encontre des intérêts du département… et de ceux de la région Midi-Pyrénées elle-même. Le tropisme occitano-catalan n’en finit pas de nourrir les fantasmes. Il semble qu’on ne tire aucune leçon de l’échec patent de l’Euro-Région (MP+LR+Catalogne+Baléares, Aragon en étant sorti avec fracas…) qui, lors de sa création, avait volontairement mis de côté l’Aquitaine. Mais surtout, les politiques publiques, à l’avenir, seront obligatoirement amenées à traiter tous les problèmes en fonction du changement climatique. Or les problèmes climatiques du bassin aquitain n’ont et n’auront rien à voir avec ceux de l’arc méditerranéen. Dans une région qui irait du Rhône au plateau de Ger, on peut s’attendre à d’énormes difficultés induisant des solutions divergentes et donc des choix budgétaires contradictoires pour nous.

 

 

P.S. : Que fait l’UD-CFDT 65 ?

 

  Si la fusion MP/LR se réalise, notre département sera encore davantage marginalisé, loin de Toulouse-Montpellier, sans pouvoir se faire entendre et défendre ses intérêts au sein de ses voisins naturels du Bassin de l’Adour.

 

  De nombreux militants nous interrogent. Le Conseil syndical de l’UD-CFDT 65 a voté le principe du lancement d’un grand débat départemental avec conférence de presse sur le sujet. Nous avons commencé et nous continuons à alerter tous nos partenaires sociaux des dangers de ce projet gouvernemental.

 

 

 

 

La commission économique de l’UD-CFDT 65

 

La conférence de presse : l’article de La Dépêche du Midi du 31 juillet 2014

« La démocratie est bafouée »

 

 

Ud-cfdt

Patrick Delaporte, Pierre Loubère et Gilles Verdier, en colère contre le projet de fusion./ Photo DDM, Joël Boyé.

Patrick Delaporte, Pierre Loubère et Gilles Verdier, en colère contre le projet de fusion./ Photo DDM, Joël Boyé.

 

 

Le projet de fusion des régions proposé par le gouvernement de François Hollande n’en finit pas de soulever le débat. Une conférence de presse a été organisée par le syndicat CFDT 65 pour faire partager son point de vue.

Gilles Verdier a pris la parole pour évoquer la place de la démocratie dans ce débat : « On a l’impression d’être revenu au temps des hussards ! Le peuple n’est pas interrogé alors qu’il s’agit d’une réforme qui touche l’ensemble des Français. Et on ne marie pas des personnes contre leur gré ».

Autre objection, d’un point de vue géographique. Les Hautes-Pyrénées étaient déjà à l’extrémité de la région Midi-Pyrénées : « Avec ce projet de fusion avec le Languedoc-Roussillon, nous serons le département le plus excentré. Imaginez notre position dans une région qui s’étend du plateau de Ger jusqu’aux bords du Rhône ».

Pierre Loubère souligne un point intéressant : « La région Midi-Pyrénées a un climat océanique, opposé au climat méditerranéen du Languedoc. Or, l’enjeu des années futures, c’est l’écologie ! Je n’ose imaginer les batailles pour le budget, on se déchirera ». Pour la CFDT 65, l’idéal serait de « se rattacher à l’Aquitaine avec qui nous avons le plus de points communs, sur le plan culturel et économique. Nous pensons que l’avenir se situe dans la collaboration Béarn Bigorre ».

Jeanine Dubié, députée des Hautes-Pyrénées, déposera un amendement contre ce projet de fusion et proposera la création d’une « eurorégion » regroupant l’Aquitaine, Midi-Pyrénées et le Languedoc-Roussillon.

La loi de fusion des régions a été votée à l’Assemblée nationale le 25 juillet.

Guillaume Béars